Burn out : pourquoi Cordée Intérieure existe

Cordée Intérieure n'est pas né d'un projet entrepreneurial. Il est né d'une observation, répétée, obstinée — et d'une traversée personnelle. Celle de femmes qui donnent tout, qui tiennent, qui performent. Et qui s'y perdent.

Je vais te raconter pourquoi j'ai créé cet espace. Et pour qui.

Ce que j'ai vu — et ce que j'ai vécu

J'ai travaillé pendant des années dans la gestion de projets et la formation, dans un environnement bancaire. Des milieux qui valorisent l'efficacité, la disponibilité, la performance. J'ai appris à tenir. À livrer. À encaisser. Et comme beaucoup de femmes, j'ai longtemps confondu tenir avec aller bien.

Ce n'est pas un effondrement spectaculaire qui m'a amenée à la sophrologie et au yoga. C'est une accumulation. Un épuisement profond que je n'avais pas su nommer — parce que tout "avait l'air de bien fonctionner" de l'extérieur. C'est cette expérience qui m'a donné les outils pour faire la différence entre résister et se reconnecter. Et c'est elle qui m'a donné envie de les transmettre.


Ce que les données disent

Ce que j'avais vécu de façon intime, la recherche le documente depuis des années. Et les chiffres sont sans ambiguïté.

Selon Santé Publique France, la souffrance psychique liée au travail a doublé entre 2007 et 2019 en France. Et cette souffrance est deux fois plus élevée chez les femmes que chez les hommes, systématiquement associée à des troubles anxieux et dépressifs. Ce n'est pas une tendance anecdotique : c'est une progression continue, confirmée par un réseau de veille couvrant 15 régions via les médecins du travail (Santé Publique France, bulletin épidémiologique 2012).

Les chiffres récents confirment l'ampleur : d'après la DARES (2023), 27 % des femmes salariées se trouvent en situation d'épuisement professionnel, contre 22 % des hommes. L'IFOP, pour Malakoff Humanis (2022), documente que 42 % des femmes actives déclarent ressentir une grande fatigue mentale, contre 29 % des hommes. Une étude INSERM de la même année note que les femmes ont deux fois plus de risques de développer un trouble anxieux associé à un burn-out.

En 2022, le baromètre Opinion Way pour Empreinte Humaine estimait que 34 % des salarié·e·s français·es étaient en burn-out ou à risque, dont 13 % en burn-out sévère — soit environ 2,5 millions de personnes. Les femmes, les jeunes, les télétravailleurs et les managers étaient identifiés comme les profils les plus exposés.

Ces données ne m'ont pas surprise. Elles ont mis des chiffres sur quelque chose que j'observais depuis des années — autour de moi, dans mes formations, sur les tapis de yoga, dans les conversations après les cours.


Pourquoi les femmes sont surexposées — et ce n'est pas une question de fragilité

Il y a une idée reçue tenace : les femmes feraient plus de burn-out parce qu'elles seraient plus sensibles, moins armées pour la pression. Les données disent exactement l'inverse.

Les femmes sont surexposées parce qu'elles portent structurellement davantage. En France, 65 % des femmes ressentent une pression constante à concilier vie professionnelle et responsabilités domestiques, contre 45 % des hommes. Elles prennent en charge en moyenne 70 % des tâches ménagères, même à temps plein. Et 80 % d'entre elles déclarent subir une forte pression sociétale pour exceller simultanément dans leur vie pro et perso (données compilées par le Salon Profession'L, 2024, croisant plusieurs études françaises récentes).

À cela s'ajoutent des mécanismes psychologiques spécifiques, documentés dans la littérature sur le burn-out féminin : le syndrome de la "bonne élève" (intériorisation d'un niveau d'exigence élevé dès l'enfance), la dimension sacrificielle (tendance à placer les besoins des autres systématiquement avant les siens), et le perfectionnisme dans les rôles qu’elles portent. Ce ne sont pas des traits de caractère immuables — ce sont des constructions sociales qui pèsent très concrètement sur la santé mentale.

« Les mécanismes de la bonne élève, la dimension sacrificielle, le perfectionnisme dans l'attention portée aux soins des autres pèsent lourds », résume une psychanalyste citée par Le Monde en avril 2024 dans une enquête sur le burn-out des femmes.

La non-reconnaissance aggrave le tableau : selon le baromètre Qualisocial 2024, une femme sur deux déclare ne pas se sentir écoutée par sa hiérarchie lorsqu'elle parle de sa santé mentale.

Burn-out au féminin — chiffres clés France 2024–2025

  • x 2 La souffrance psychique au travail est deux fois plus élevée chez les femmes — et deux fois plus fréquente qu'en 2007 (Santé Publique France)

  • 27 % des femmes salariées sont en situation d'épuisement professionnel, vs 22 % chez les hommes (DARES 2023)

  • 42 % des femmes actives déclarent une grande fatigue mentale, contre 29 % des hommes (IFOP / Malakoff Humanis 2022)

  • ½ des femmes ne se sentent pas écoutées par leur hiérarchie quand elles parlent de leur santé mentale (Qualisocial 2024)


À quel moment ça arrive — les périodes de vulnérabilité

Le burn-out féminin ne frappe pas au hasard dans une vie. Certaines périodes concentrent les facteurs de risque.

Les 18–29 ans sont les plus touchés en termes de symptômes : 59 % des moins de 29 ans présentent des signes liés au burn-out (Asso France Burn-out, 2024). C'est l'entrée dans la vie active, la précarité, la pression de performer dès le départ dans un monde qui valorise l'immédiateté.

La tranche 30–45 ans correspond au pic de la double charge : carrière en construction ou en plein essor, enfants en bas âge, charge mentale à son maximum. C'est souvent la période où les femmes disparaissent derrière leurs rôles — progressivement, sans que ça se voie, jusqu'au jour où elles ne savent plus très bien qui elles sont en dehors d'eux.

La période 40–60 ans est probablement la plus sous-estimée. La spécialiste en psychologie du travail Nadia Droz la décrit comme une accumulation de facteurs simultanés :
adolescence des enfants, parents vieillissants à accompagner, et parfois bouleversements liés à la ménopause. À cela s'ajoute un phénomène documenté mais peu discuté : selon une psychanalyste citée dans la question écrite n°17125 à l'Assemblée nationale (2024), le taux de divorce lors d'un burn-out grave atteint 80 % — plaçant souvent les femmes en situation de famille monoparentale au moment même où elles seraient le plus fragilisées.


Pour qui Cordée Intérieure a été créé

Cordée Intérieure s'adresse aux femmes qui portent beaucoup — et qui ont commencé à sentir que ce n'est plus tenable. Pas nécessairement celles qui sont à terre : souvent celles qui "tiennent encore", mais à quel prix.

Des femmes qui se reconnaissent dans au moins une de ces phrases : "Je suis fatiguée depuis si longtemps que je ne sais plus ce que c'est de ne pas l'être." Ou : "J'ai l'impression de passer à côté de ma propre vie en essayant de bien faire partout." Ou encore : "Je ne sais plus très bien ce que je ressens."

Ce ne sont pas des femmes "en crise". Ce sont des femmes ordinaires, dans des vies ordinaires, qui ont intériorisé que leurs besoins passaient en dernier. Entre 30 et 55 ans pour la plupart. Actives, engagées, souvent très compétentes — et épuisées de l'être.

Ce que propose Cordée Intérieure n'est pas un programme de gestion du stress ou une injonction supplémentaire au bien-être. C'est un espace pour ralentir, ressentir, et retrouver le fil de soi-même. Par la sophrologie, le yoga, le mouvement authentique. Par un accompagnement qui part de là où on en est — pas de là où on devrait être.

Parce que redevenir soi, ce n'est pas un luxe. C'est le point de départ de tout le reste.


Références

Santé Publique France, bulletin épidémiologique sur la souffrance psychique liée au travail, données 2007–2019 · DARES, enquête Santé et itinéraire professionnel, 2023 · INSERM, 2022 · IFOP / Malakoff Humanis, baromètre bien-être au travail, 2022 · Qualisocial, baromètre santé mentale au travail, 2024 · Opinion Way / Empreinte Humaine, baromètre épuisement professionnel, 2022 et 2024 · Assemblée nationale, question écrite n°17125, Mme Clémentine Autain, 2024 · Le Monde, enquête sur le burn-out des femmes, avril 2024 · Asso France Burn-out, 2024 · Salon Profession'L, 2024.

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