Prendre du recul, ça s'apprend — ce que la sophrologie et le yoga ont à nous dire
Il y a des semaines où tout va trop vite. Les notifications, les demandes, les urgences qui s'accumulent. On avance en mode automatique, et à un moment on réalise qu'on ne sait plus très bien pourquoi on court — ni même ce qu'on ressent vraiment.
Prendre du recul, c'est un conseil qu'on entend partout. Mais concrètement, comment on fait ? Ce n'est pas juste "se poser cinq minutes". C'est changer de point de vue — physiquement, intérieurement.
En sophrologie comme en yoga, il existe des pratiques précises pour ça. Des outils qui permettent de quitter temporairement le niveau du sol — là où tout est dense, urgent, collé à soi — pour monter en altitude. Et de redescendre différemment.
Ce qui se passe dans le cerveau quand on est débordée
Quand on est en surcharge cognitive, le cortex préfrontal — la zone du cerveau associée à la prise de décision et à la pensée nuancée — se retrouve progressivement court-circuité par l'amygdale, notre système d'alerte émotionnelle. On pense en réactions plutôt qu'en choix. On perd la capacité de perspective.
C'est là que le recul devient un enjeu neurologique autant que philosophique. Les pratiques corps-esprit comme la sophrologie et le yoga agissent directement sur le système nerveux autonome : elles activent la branche parasympathique, celle du repos et de la digestion, et permettent au préfrontal de reprendre la main. On retrouve littéralement accès à une pensée plus large, plus posée.
Le voyage dans le cosmos en sophrologie
Le voyage dans le cosmos est une technique de visualisation utilisée en sophrologie. Son principe : en état de relaxation sophronique — ce seuil doux entre veille et sommeil où le corps se dépose et l'esprit reste actif — on guide l'imaginaire vers le haut. On s'élève progressivement au-dessus de soi, au-dessus des toits, de l'atmosphère, jusqu'au silence de l'espace.
La recherche en neurosciences s'intéresse de près à ce que les chercheurs appellent la distanciation cognitive : observer ses pensées et émotions depuis un point de vue extérieur plutôt que d'y être entièrement plongée. Les études suggèrent que cette mise à distance réduit l'activation émotionnelle et soutient une meilleure régulation du stress — sans pour autant fuir ce qui est difficile. (Powers & LaBar, 2019, Neuroscience & Biobehavioral Reviews)
C'est exactement ce que le voyage dans le cosmos mobilise. Depuis cet espace suspendu, quelque chose se remet à l'échelle. La réunion de demain, le conflit de la semaine dernière, la liste interminable — tout ça existe encore, mais rapporté à l'immensité, on retrouve contact avec ce qui est essentiel. Avec ses valeurs. Avec la personne qu'on est vraiment sous les rôles qu'on joue.
Le voyage dans le cosmos ne t'éloigne pas de ta vie. Il t'offre un autre angle pour la regarder — et y revenir mieux équipée.
Trois postures de yoga pour incarner cette hauteur de vue
Ce que la visualisation initie dans l'esprit, certaines postures de yoga peuvent l'ancrer dans le corps.
Tadasana, la montagne Pieds ancrés dans le sol, colonne qui s'étire, sommet du crâne qui s'élève vers le ciel. Tadasana est une invitation à se tenir debout sans rigidité — à trouver la stabilité qui rend possible la légèreté. C'est la posture de quelqu'une qui sait où elle se trouve.
Viparita Karani, les jambes au mur Les jambes verticales, le bassin soutenu, la tête plus basse que le cœur. Cette semi-inversion douce renverse le point de vue du corps — et le système nerveux en profite. Elle stimule le nerf vague, favorise la récupération et ralentit naturellement le flux de pensées. Une des postures les plus accessibles pour sortir du mode "résolution de problèmes" compulsif.
Savasana avec visualisation Le grand lâcher. Allongée, immobile, on laisse les yeux se fermer et on s'imagine s'élever doucement — observer sa propre silhouette depuis le plafond, puis depuis plus haut encore. Rejoindre cet espace intérieur que le yoga nomme akasha — l'espace infini, le vide fertile. C'est là que le recul devient profond.
Et au quotidien ?
Prendre du recul ne demande pas toujours un tapis ou une séance guidée. Regarder le ciel quelques secondes avant de rouvrir l'ordinateur. Trois respirations lentes entre deux réunions. Les yeux levés vers les arbres le temps d'un trajet.
Ce que ces pratiques entraînent, c'est une capacité : celle de ne pas être entièrement absorbée par ce qui se passe. De conserver un espace intérieur qui reste calme même quand l'extérieur s'agite.
Ce n'est pas de la distance froide. C'est de la présence lucide.
Et toi ?
Est-ce qu'il t'arrive de fermer les yeux et de t'imaginer au-dessus de tout ça — juste le temps d'un souffle ?
C'est souvent dans ces micro-moments que quelque chose se remet en place. Presque rien — et pourtant tout.
Si tu veux explorer ces pratiques, les séances de sophrologie et de yoga chez Cordée Intérieure t'y invitent. Pas pour fuir ce qui est difficile — pour le regarder avec les yeux de celle que tu es vraiment.